Toute l’information de mon entreprise sur mon PC : une chimère ?

Avec la BDES (Base de données économiques et sociales), les représentants du personnel allaient d’un seul coup être télétransportés dans l’âge numérique de l’information-consultation. Instituée par la loi de sécurisation de l’emploi de 2013, la BDES doit rassembler et mettre à disposition des représentants du personnel, les informations relatives aux grandes orientations économiques et sociales de l’entreprise. « La base de données est tenue à la disposition des personnes mentionnées (…) sur un support informatique ou papier » dit le décret ; celle-ci est censée être actualisée en temps réel, ou presque.

cloud DEF

Le développement d’un outil numérique, alimenté par la direction de l’entreprise, utilisé de façon récurrente par les IRP, et conçu comme un support convivial et moderne pour ces derniers : tout cela tient beaucoup de la chimère. Au mieux, les BDES observées tiennent de la collection de fichiers PDF. Des « solutions » informatiques avancées existent, mais sont encore peu déployées. Dans les faits, on est encore très loin du Wikipédia du CE ou du Google de la DUP ! D’un clic, tout savoir sur votre entreprise et sur ses comptes d’hier, d’aujourd’hui… et de demain ! Le rêve d’une transparence parfaite, les petits secrets de votre executive board ou de votre Codir à portée de souris !

Evidemment, cela ne se passe pas comme ça. L’information-consultation est un jeu du chat et de la… souris justement. Les IRP obtiennent autant d’informations que la direction veut bien leur en donner, que ce soit sur papier glacé ou sous codage digital. Les concepteurs de la BDES ont même cru que l’entreprise allait pouvoir donner, outre les informations sur le passé récent, des chiffres (ou a minima des « tendances ») sur les trois prochaines années. Dans le monde du virtuel, tout est possible.

La BDES reste toutefois un levier d’action et de connaissance pour les représentants du personnel. L’outil peut être développé pour un usage stratégique dans le rapport de force et la négociation avec l’employeur : plus on en sait – et plus on sait traiter cette information – plus on est en mesure d’agir. On peut imaginer qu’avec le temps et les usages, des interfaces complètes se dessinent. Mais ce n’est pas parce que l’outil est dématérialisé qu’il est intéressant en soi, c’est parce qu’il donne matière à agir qu’il fait sens. ˜

BDES (Base de données économiques et sociales)

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