La donnée, le nouvel or noir du troisième millénaire

Entreprises, institutions, journalistes, citoyens, syndicalistes… nous utilisons tous chaque jour quantité de données pour notre vie personnelle ou professionnelle. L’économie numérique correspond à la mise en forme de ces données sous un format particulier [„♦Numérique (technologie)]. L’expression « Big Data » renvoie quant à elle à deux éléments liés : d’un côté, l’explosion du volume des données disponibles ; de l’autre, la capacité croissante des moyens technologiques disponibles pour les traiter et les analyser. On connaît la fameuse « loi de Moore », qui prédit que tous les 18 à 24 mois, la capacité et la performance des ordinateurs doublent.

La croissance du volume des données (on parle de « big bang ») est au cœur de l’économie contemporaine. Certains considèrent la donnée comme le nouvel « or noir ». L’« économie des données personnelles » repose alors sur l’extraction et l’utilisation de cette matière première, comme c’était le cas avec le pétrole lors de la deuxième révolution industrielle ! Le ministère de l’économie a placé les données au cœur de ses projets-phares pour une industrie du futur. L’enjeu : créer de la valeur ajoutée à partir de la quantité inédite de données dont nous disposons. La France disposerait ainsi d’un « gisement de valeur pour les citoyens et un potentiel de croissance encore sous-exploité pour les entreprises ». Elle peut compter sur des acteurs industriels solides et une longue tradition d’excellence mathématique. En développant et maîtrisant de nouvelles technologie de traitement de ces données (« supercalculateurs »), le Big Data pourrait permettre de créer et consolider 137.000 emplois d’ici 2020, selon Bercy.

Ces data ne tombent pas du ciel. Nous les produisons chaque jour, depuis nos tablettes, smartphones et autres „objets connectés. Selon un rapport, nous produisons chaque minute et à l’échelle mondiale 350 000 tweets, 15 millions de SMS, 200 millions de mails. 250 Giga-octets d’informations sont archivés sur Facebook. Tous les jours, Google traite plus de 24 millions de milliards d’octets. Quand vous réalisez un achat en ligne, commentez le dernier film sur Allocine.fr ou quand vous programmez à distance le thermostat de votre appartement, vous participez à cette production gigantesque de données… sans vous en rendre vraiment compte, avouez-le. « A l’insu de notre plein gré » : nous sommes tous les Richard Virenque du Big Data.

En revanche cela ne se fait pas à l’insu des entreprises du numérique („GAFA et autres) mais aussi des entreprises traditionnelles qui ont vu leur modèle d’affaires bouleversé par ces nouvelles technologies (♦„business model). Un exemple parlant : les assureurs revoient leurs prévisions d’accidentologie en se basant désormais sur les pratiques réelles. Capteurs, systèmes embarqués, transmettent les données de conduite et de kilométrage en temps réel. Les Big Data ouvrent la voie à une myriade d’applications. Dans le domaine énergétique, il est possible d’imaginer des smart cities ou des smart buildings (villes ou bâtiments intelligents) disposant d’outils de collectes de données sur les „usages. Cela permet de personnaliser la consommation des usagers. L’analyse de ces mégadonnées permet aux opérateurs d’énergie de mieux appréhender les besoins.

La montée en puissance des Big Data a récemment été illustrée par un exemple très commenté. Google s’était targué, en 2008, de prédire la propagation d’une épidémie de grippe avec plus de d’exactitude que les organismes de recherche médicale et épidémiologique. L’entreprise s’appuyait sur son logiciel Google Flu Trends, qui réalise ses prévisions à partir des mots tapés par les internautes dans le moteur de recherche. Google a constaté que la grippe se développait là où le mot « fièvre » était plus googlé qu’en temps habituel. Sauf que ces prévisions « numériques » surestiment au final l’étendue réelle de l’épidémie, constatée sur le terrain par les médecins. D’un côté, les Big Data virtuelles et leurs algorithmes, de l’autre, les data réelles : fièvre, suées et big fatigue…

Les Big Data restent un enjeu massif pour les entreprises. Comment capter ce minerai précieux produit gratuitement par des milliards d’usagers ? La fièvre de l’or noir n’en est qu’à ses débuts… ˜

 

Big Data

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