La GPEC à l’ère du numérique : anticiper la transformation des emplois ?

La Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) est-elle la réponse à l’impact du numérique sur le monde du travail ? Oui ! Bien sûr ! En théorie… mais il faudrait alors que les pratiques s’adaptent.

Depuis son entrée complète dans l’arsenal juridique français (en 2005), la GPEC s’est traduite essentiellement par des grands accords-cadres indiquant surtout de belles intentions RH, ainsi que des plans de départs volontaires remplaçant les habituels PSE. La GPEC souffre d’un déficit de pratique et d’habitude de négociation. Elle est aussi une notion qui n’est finalement pas si évidente. Une entreprise peut-elle planifier l’évolution de ses besoins à trois ans ? En théorie oui, sauf que le DRH d’une filiale d’un groupe a un horizon de temps qui se compte en mois. L’entreprise a-t-elle intérêt à adapter son personnel ou vaut-il mieux trouver sur le marché du travail des personnes déjà formées ? La GPEC est un objectif noble et une réalité limitée. La GPEC doit-elle être faite par le marché, l’entreprise ou les pouvoirs publics ?

lunette avenir

 

Le développement du numérique n’améliore en rien la situation de la GPEC. « Les prévisions sont difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir », aimait à dire Pierre Dac, à une époque où les premiers ordinateurs utilisaient encore des cartes perforées. Le numérique ne change rien à l’affaire mais il accélère le problème. Les révolutions technologiques du monde classique se déroulaient sur un temps long de plusieurs années ou décennies. Un salarié adapté à une nouvelle technologie avait donc un certain horizon de tranquillité devant lui. Le numérique accélère le temps (ou le réduit ?) et une avance technologique ne dure plus que quelques mois ou de courtes années. Le numérique accélère donc le besoin d’évolution et d’adaptation.

Dans ces conditions, la GPEC est-elle une réponse au numérique? Elle a rencontré beaucoup de difficultés dans des cas « normaux », pourquoi réussirait-elle mieux aujourd’hui, alors que la fonction RH n’a jamais été aussi appauvrie ? Ne serait-ce pas une mission de service public de permettre aux salariés de s’adapter aux évolutions numériques ? ˜

GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences)

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