Quand Watson remplace Sherlock

L’intelligence artificielle est un grand thème de la science-fiction, de 2001, l’Odyssée de l’espace à Matrix. Rappelons-nous que l’ordinateur de L’Odyssée de l’espace s’appelle HAL, soit les trois lettres qui précèdent I, B et M dans l’alphabet…

Jusqu’à une date récente, les ordinateurs étaient capables de stocker et d’utiliser des quantités gigantesques de données („Big Data), leur permettant par exemple de gagner aux échecs, mais pas d’apprendre par eux-mêmes. HAL prenant le contrôle du vaisseau spatial relevait donc de la science-fiction. Dans la vraie vie, Houston résolvait le problème.

Aujourd’hui les choses changent, et pas dans l’aéronautique, mais au plus près de chez nous ! A l’hôpital, au guichet de la banque ou dans les transports, l’intelligence artificielle arrive. De quoi parle-t-on ? Le terme d’intelligence artificielle (IA), inventé dès les années 1940, est utilisé de différentes manières. On distingue en général l’IA « forte », qui concernerait une machine ayant conscience d’elle-même (HAL, Matrix), et l’IA « faible » qui concernerait des machines capables d’apprendre mais qui restent des robots sans conscience. Aujourd’hui, dans les applications qui se développent dans ces différents secteurs, il n’est question que d’IA faible, l’IA forte étant – heureusement – hors de portée, du moins pour l’instant. Les entreprises leader développent des systèmes auto-apprenants (Google avec Tensor Flow, IBM avec Watson) qui s’enrichissent au fur et à mesure que les utilisateurs leur posent des questions. Google a même mis les brevets de Tensor Flow à disposition du public (open source), afin que les geeks puissent enrichir le système. Ceux-ci font les développements qui les intéressent, mais en retour Google bénéficie de leurs apports. On apprend par ailleurs ici qu’une nouvelle écrite par un programme d’intelligence artificielle a « presque » gagné un concours littéraire. Marc Lévy, Patrick Modiano, ubérisés à leur tour ! Alphago, conçue par Google, vient de battre le meilleur joueur mondial au jeu de go. En revanche, le programme d’IA testé sur Twitter par Microsoft en mars 2016 a connu quelques déboires… En moins de 24 heures, le gentil robot s’était mis à proférer des propos racistes !

Watson est déjà utilisé en médecine pour affiner les diagnostics en intégrant l’ensemble des données concernant le patient. Dans la banque, le Crédit Mutuel vient de signer avec IBM pour développer, sous Watson, un système de réponses automatiques aux questions du client. Watson comprendra la question, quelle que soit la façon dont elle est posée, et fournira une réponse personnalisée en fonction du profil du client. Le Crédit Mutuel espère que le système pourra traiter 90% des questions et assister le conseiller en clientèle pour les 10% restants. Avec un tel système, les traditionnelles FAQ appartiennent à la préhistoire.

Il est trop tôt pour juger, mais l’IA est sans doute le prochain horizon du numérique. Son potentiel de destruction d’emplois est évident. De nouveaux services apparaîtront-ils pour compenser ces emplois perdus ? Telle est la question, qui n’a rien d’élémentaire, mon cher Watson. ˜

 

Intelligence artificielle

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