Economie numérique, ou numérique dans l’économie ?

Il n’existe pas une définition de l’économie numérique qui fasse consensus. L’expression a elle-même beaucoup changé ces dernières années : nouvelles technologies, TIC ou NTIC, nouvelle économie…

Les organismes de statistiques publiques (OCDE, INSEE, etc.) ne distinguent pas un secteur dénommé « économie numérique ». Celle-ci est assimilée aux technologies de l’information et de la communication (TIC), plus précisément à plusieurs secteurs : la fabrication des TIC (ordinateurs, composants électroniques, équipements de communication, etc.) ; la vente des TIC (commerce de gros d’ordinateurs, d’électronique, etc.) ; les services de TIC (télécommunications avec ou sans fil, services informatiques, édition de logiciels, création de sites internet, etc.).

Une autre définition beaucoup plus large est donnée par l’Observatoire du numérique, un organisme paritaire. L’économie numérique intègre selon lui non seulement l’ensemble des secteurs producteurs des TIC (comme dans la définition précédente), mais également tous les secteurs utilisateurs qui se transforment avec le numérique : ainsi, le champ de l’économie numérique inclut également le e-commerce, mais aussi la santé, l’éducation, le transport, etc. « L’économie numérique ne se limite pas à un secteur d’activité en particulier. On devrait plutôt parler de “numérique dans l’économie” ». Cette approche très englobante pose en revanche de nombreuses difficultés quand il s’agit de mesurer le poids du numérique.

Entre ces deux approches, l’Inspection générale des Finances a donné une définition intermédiaire qui fait consensus. L’IGF distingue d’un côté ce qu’elle appelle le « cœur de l’économie numérique », qui correspond aux secteurs producteurs de TIC (fabrication d’équipements, d’électronique), de services numériques („ESN, e-commerce, etc.) mais aussi les télécoms. Ce cœur représentait, en 2009, 5,2 % du PIB et 3,7 % des emplois (900 000 emplois). D’un autre côté, l’IGF distingue un ensemble de secteurs transformés par la numérisation de l’économie (comme la musique, la finance, les voyagistes, etc.), soit 12 % du PIB ; les secteurs qui ont dégagé des gains de productivité importants par le numérique mais qui n’ont pas encore été autant transformés que les précédents (distribution, automobile, administration, etc.), soit 60 % du PIB ; et enfin des secteurs peu ou pas touchés par la numérisation (22 % du PIB). Le rapport cite à cet égard des secteurs tels que l’agriculture ou les services à la personne, un constat désormais dépassé car ces secteurs sont aujourd’hui en pleine évolution grâce aux nouveaux outils (géolocalisation pour les agriculteurs ; plateformes d’économie à la demande dans les services à domicile – voir ♦„Homejoy). Ce qui montre bien que plus guère de secteurs économiques ne sont « pas ou peu » touchés par les transformations digitales. ˜

Numérique (économie)

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